Bullétin 2003

CIB-Bulletin
Oktobre 2003
Vol 1, No.
1

Communio Internationalis Benedictinarum


points culminants

Liturgie

Presentations

CIB Historique

Ius Proprium

Formation

Rapports

ANZBU

Nouvelles

 Australie

prochaine réunion
 

Éditorial

Il n’y a pas eu de Lettre d’Information depuis l’année 2000. Entre-temps plusieurs voix se sont élevées pour en réclamer et dire combien cet instrument de travail a été utile pour transmettre les nouvelles.
Pendant ce même laps de temps, les structures de ‘network’ des monastères bénédictins féminins se sont précisées : nous avons trouvé un nom – CIB - qui nous inclut toutes, et nous pouvons exprimer nos opinions et souhaits à la Réunion de la Conférence par les représentantes des 19 régions. La Conférence des représentantes du CIB m’a demandé d’écrire un éditorial pour cette Lettre d’Informations et de l’envoyer à chacune des déléguées, pour qu’elles puissent s’en servir en informant les communautés de leur région sur l’évolution. Voilà l’origine de cette Lettre.
Elle contient un certain nombre d’articles d’information de base étant donné que la Communio Internationalis Benedictinarum  (CIB) est encore si jeune. On y trouve aussi des articles couvrant la récente réunion de la Conférence des représentantes de CIB qui s’est tenue à Sydney en septembre 2003, de même que quelques nouvelles et informations des régions.
Nous n’avons pas essayé d’équilibrer le choix des sujets. La présente Lettre est donc un assemblage de ce qui se trouvait à notre disposition et qui vous est proposé comme documentation dans votre tâche d’informer les communautés de votre région. Nous espérons que, dans toute sa modestie, elle vous sera utile. Merci à Mary Robinson, la secrétaire infatigable de Sr. Sonia Wagner, pour le lay-out de cette Lettre et pour tout le travail qu’elle a accompli pour la réunion.

  Monica Lewis OSB

La réunion de la Conférence CIB à Sidney
par Irmgard Poroto OSB
Prieure Générale des Bénédictines de Oshikuku, Namibie

Il est merveilleux pour des frères et des sœurs de vivre en paix les uns avec les autres. « C’est ainsi que le monde reconnaîtra que vous êtes mes disciples. » C’est devenu une tradition pour la Conférence de la CIB de se retrouver dans les divers continents des déléguées. La rencontre de 2003 s’est tenue à Sidney, en Australie, du 13 au 20 septembre 2003, à l’invitation de Sœur Sonia Wagner SGS, Prieure Générale des Sœurs du Bon Samaritain OSB.

La Conférence débuta par une réunion du Conseil d’Administration de la CIB, le 12 septembre au matin, à ‘Mount St. Benedict Center’ où l’Assemblée devait se réunir.

Le 13 septembre, les membres de la Conférence eurent le privilège de rencontrer l’Union Bénédictine d’Australie et de Nouvelle Zélande (ANZBU), et c’est avec eux que, le lendemain, nous avons écouté Sœur Margaret Malone SGS et le Père Michael Casey OCSO qui nous ont parlé d’une manière éclairante sur des thèmes de la spiritualité monastique.

Les jours suivants furent consacrés à des échanges au sujet du développement de la CIB : rapport sur le progrès et la mise en œuvre des décisions et suggestions de la Conférence précédente à Rome en 2002 ; changements dans le ‘Jus Proprium’ pour mettre à jour ce qui concerne les Bénédictines ; discussion au sujet d’une possible ‘Fondation CIB’ et des moyens d’obtenir un statut légal, valable en droit civil ; enfin un rapport sur les progrès accomplis pour créer une structure financière, par le Comité financier, ainsi que quelques autres questions concernant la CIB.

La chaleureuse hospitalité de nos Sœurs du Bon Samaritain a rendu chaque instant de notre séjour à Sidney très agréable et plein d’intérêt. Les deux chapitres de la Règle sur ‘l’Hospitalité’ et ‘le Bon Zèle’ étaient bien en évidence durant ces journées, et s’exprimaient aussi bien dans l’accueil que dans la liturgie. La liturgie était vraiment partie intégrante de la vie quotidienne, et chaque jour a été célébré selon son caractère propre. Ce fut à la fois merveilleux et encourageant.

La plupart d’entre nous venaient pour la première fois en Australie. Pour cette raison, du temps avait été réservé pour une visite à la communauté bénédictine à Jamberoo et pour un peu de ‘sight-seeing’. Nous avons vu des lieux de toute beauté à Sidney et dans la campagne environnante.

Liturgie, la vie de nos monastères
Commentaire sur la liturgie au cours de la réunion de Sidney

La communauté de Pennant Hills étant trop petite pour entraîner un groupe de 24 hôtes, étrangères à la liturgie de la maison, on avait fait venir d’ailleurs plusieurs sœurs du Bon Samaritain afin de fournir à cette semaine un cadre liturgique digne de ce nom. Il y avait des feuillets pour chaque Heure de célébration et tout était fait pour que celles dont l’Anglais n’était pas la langue maternelle puissent se sentir à l’aise. Une des manières de réaliser ceci était d’inviter discrètement chaque participante à prendre une part active dans la célébration, aussi minime soit-elle. Pour la séance  d’ouverture, nous étions toutes invitées à nous réunir devant la maison où Sœur Sonia nous saluait en ces termes : « En vous souhaitant la bienvenue aujourd’hui, je fais aussi honneur aux habitants originaires de cette région, le peuple Daruk. » Elle introduisit ainsi les visiteurs dans une spiritualité pleine de respect pour la création. Nous étions ensuite conduites en procession à la salle où les discours de bienvenue furent prononcés. Ensuite nous sommes allées en procession à l’église : une croix de procession ornée de rubans colorés, suivie de l’Évangéliaire et de nous toutes avançant en priant à travers les cloîtres du monastère. A l’entrée de l’église l’encensoir était préparé et la croix fut encensée. L’hymne d’ouverture des premières vêpres de la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix était un chant de louange à la sagesse de Dieu qui a choisi la croix pour confondre les sages de ce monde. Un sentiment profond de joie et de reconnaissance pour l’œuvre de salut envahissait les participantes. La célébration avait atteint son but : faire reprendre une vive conscience des mystères de notre foi.

La liturgie des Heures de chaque jour était soigneusement préparée et chantée sur des mélodies psalmiques simples et belles, facilement apprises par tout le monde. Il y avait aussi des prières composées pour la plantation d’un arbre commémoratif, pour le recueillement devant la tombe du fondateur, John Bede Polding, et pour le départ. Tout ceci a contribué à faire de cette semaine une expérience de prière.

Après la réunion, Madame l’Abbesse Vera Lucia Parreiras Horta de Salvador Bahia, Brésil, écrivit ce qui suit :

« J’ai profondément apprécié la façon dont les Sœurs du Bon Samaritain ont préparé la liturgie de ces jours. Chaque détail devenait célébration, non seulement les Heures de l’Office et l’Eucharistie, mais aussi les moments les plus significatifs de notre réunion. Cela a donné  un climat de prière à toute la semaine. Sans aucun doute, le point culminant fut la cérémonie d’accueil, ave des membres du ANZBU – la manière dont nous étions conduites à la salle, décorée avec tant de goût, la procession vers l’église, derrière la croix qui est restée là le reste de la semaine. J’ai apprécié la qualité de la musique, la simplicité d’exécution de l’Office, le silence, l’usage des gestes. De même le fait d’être invitée à participer activement à la liturgie par des lectures, par la prière d’intercession, par la préparation de l’autel ou simplement par le geste de nous réunir autour de lui, était précieux. Le tout fut une grande expérience de ce que c’est que d’être un seul cœur, une seule âme dans la louange du Seigneur qui nous a réunies, à travers le monde, dans une seule tradition. Merci beaucoup. »

Sujets de spiritualité monastique
Les présentations faites par Margaret Malone SGS et Michael Casey OCSO

Michael Casey OCSO de l’Abbaye de Tarrawarra, Victoria,  avait choisi comme thème : ‘Un décalogue bénédictin – Dix paroles de saint Benoît’  et Margaret Malone nous parlait sur le thème : ‘Cherche la paix et poursuis-la’. Petit à petit les participantes se rendaient compte que les courants de renouveau en matière d’études monastiques qui se font en Australie ont contribué de façon discrète mais efficace au renouveau de vie spirituelle dans nos monastères. Le texte entier de ces deux interventions est à trouver sur le site internet du Bon Samaritain : www.goodsams.org.au dans la section « What’s New ».

Historique de la CIB
Extrait de l’Allocution de bienvenue de M. Máire Hickey, Modératrice de la CIB

La CIB, qui est une organisation jeune en développement, n’est pas encore très connue, même au sein de la famille bénédictine. Il n’est donc pas superflu de donner à nos hôtesses australiennes un bref aperçu de ce qu’est ce groupe, et pourquoi nous sommes ici. Pour comprendre et apprécier l’histoire, je dois entrer dans le détail jusqu’à un certain point, vous ne m’en voudrez pas, j’espère.

La Confédération Bénédictine, comme vous le savez, a maintenant plus de cent ans d’existence. Lorsqu’elle avait environ 70 ans, durant les années qui ont suivi Vatican 2, il apparut à toutes les personnes concernées par l’auto-évaluation et le processus de réflexion alors en cours dans les ordres religieux, que la Confédération Bénédictine était devenue un instrument efficace pour faciliter le développement du monachisme et de sa mission dans l’Eglise durant la première moitié du XXème siècle. Mais au cours de ce même processus de réflexion pour certaines femmes qui vivaient selon la Règle de St Benoît, il apparut également que les fédérations, congrégations et monastères de femmes, tout en étant associés à la Confédération, n’avaient pas et ne pouvaient pas avoir les mêmes avantages dont jouissaient les communautés masculines qui en étaient membres. Beaucoup de monastères de femmes étaient presque totalement isolés du reste du monde bénédictin. Nous n’avions pas accès aux possibilités sociales et culturelles ni aux possibilités d’étude de St Anselme à Rome. Nous n’étions pas membres à part entière de la Confédération comme les 24 congrégations masculines, et nous n’étions donc pas invitées à nous joindre aux Abbés bénédictins pour le Congrès des Abbés et pour élire l’Abbé Primat. Beaucoup de sœurs et de moniales bénédictines prenaient également conscience que nous avions des questions qui nous concernaient, des questions par lesquelles les femmes dans l’Eglise d’aujourd’hui se sentent pleinement concernées. Nous  n’avions pas de forum comparable au Congrès des Abbés où nous pourrions partager ensemble sur nos questions en essayant de clarifier et de préciser notre identité de sœurs et moniales bénédictines dans la nouvelle époque inaugurée par Vatican 2. Et nous n’avions aucune structure qui nous permette d’œuvrer pour le changement de cette situation.

Dans les années ’70 un petit groupe d’Abbesses, de Prieures et de Prieures Générales, avec l’appui et les encouragements des 5 Abbés Primats qui se succédèrent jusque et y compris notre Abbé Primat actuel Notker Wolf, entreprirent de constituer un réseau de communication entre les communautés féminines. Au début l’objectif était simplement de surmonter les barrières d’isolement dues à notre ignorance les unes des autres. Ceci conduisit bientôt à un désir de mettre en branle un processus qui clarifierait les besoins et les souhaits des Bénédictines. Voulions-nous et nous fallait-il un instrument qui puisse aider au développement du monachisme bénédictin pour les femmes et sa mission dans l’Eglise et le monde de l’avenir, semblable à la Confédération, mais adapté à la situation différente des communautés de femmes ? Comment nous y prendre pour créer cet instrument ?

Selon la Lex Propria de la Confédération Bénédictine de 1985, les communautés de femmes qui vivent selon la Règle étaient ou pouvaient devenir CONSOCIEES avec la Confédération. Ceci signifiait non pas la pleine appartenance à la Confédération mais un statut qui affirmait leur authenticité de moniales bénédictines et les agrégeait, indépendamment les unes des autres, dans une dimension perpendiculaire à la Confédération et à l’Abbé Primat. Aux alentours de 1987, par le biais de petites rencontres internationales de sœurs et de moniales bénédictines, des connexions horizontales entre les monastères, les congrégations et les fédérations CONSOCIES commencèrent à se dessiner. Au cours de ce processus, de manière significative, les relations de dépendance diffuse entre de nombreuses communautés de Bénédictines et la Confédération Bénédictine changeaient radicalement. Les moniales et les sœurs, chaque monastère conservant son caractère propre son autonomie, sa structure canonique et son réseau déjà existant de relations avec d'autres monastères, commençaient à s’unir pour assumer la responsabilité de leur futur développement.

De ce processus est née la Conférence des Déléguées de la CIB. Actuellement il y a 23 membres à la Conférence. En 2001 le groupe, après consultation à la base, a voté le nom de Communio Internationalis Benedictinarum pour désigner globalement les monastères, congrégations et fédérations de femmes dans le monde entier qui sont CONSOCIES avec la Confédération Bénédictine.

En 2002 la conférence a voté son approbation des statuts de la CIB sur lesquels elle avait travaillé plusieurs années, et ils ont été approuvés par l’Abbé Primat. Un Conseil d’Administration composé actuellement de 4 déléguées de la Conférence, présidé par une modératrice et aidé dans son travail par une secrétaire et une trésorière, planifie, coordonne et partage le travail que cela implique.

Bref, le groupe que les Sœurs du Bon Samaritain de l’Ordre de St Benoît accueille ici à Sydney, et auquel Sr Sonia Wagner et le P. Bernard McGrath ont aimablement adressé un mot de bienvenue, est la 2nde rencontre annuelle de la Conférence des Déléguées de la CIB.

Au cours des 16 dernières années, beaucoup de l’énergie investie a été simplement employée pour constituer ce réseau et encourager la communication. Mais bien sûr ce n’est pas là notre but primordial. Beaucoup de ce que nous avons fait jusqu’à présent n’est que la précondition indispensable pour atteindre les buts primordiaux qui sont mentionnés dans nos statuts (soutien mutuel, promotion du monachisme bénédictin féminin dans le monde entier), et qui se concrétisent d’année en année. A toutes nos réunions il y a des exposés et des échanges sur la Règle et des questions de spiritualité bénédictine dans sa rencontre avec la vie quotidienne dans les différentes cultures du XXIème siècle. La raison d’être d’une communauté bénédictine n’a pas changé. Chacune de nos communautés existe, comme les communautés tout au long de nos 1500 années d’existence, pour proclamer et louer la primauté de Dieu dans le monde où nous vivons notre vocation. Notre première tâche est d’être à l’écoute des signes qui nous diront comment nous devons trouver un mode de vie, un style de vie, qui nous permette de tendre vers l’accomplissement de notre but donné par Dieu. Certains de ces signes se manifestent comme un faible murmure dans le cœur de moines ou moniales individuels, ou dans le cœur d’une communauté. Mais beaucoup des signes qui caractérisent notre époque sont globaux. Certains disent ‘apocalyptiques’. Pour les reconnaître, les interpréter et y donner une réponse, il nous faut absolument être en communication les unes avec les autres.

La CIB et la Confédération Bénédictine
Petite information de base

En Septembre 2002 les Statuts de la C.I.B., définissant ses objectifs et son fonctionnement, ont été votés et ratifiés par l’Abbé Primat.  Ceci a entraîné la nécessité de remettre à jour le Ius Proprium de la Confoederatio Benedictina de 1985 Le Ius Proprium se réfère à la consociatio  pour désigner la forme d’appartenance accordée aux communautés féminines, mais en aucune manière à une union entre les monastères consociés.  Il se réfère aussi à des Commissions de moniales et de sœurs  qui n’existent plus.  Il appartient aux femmes elles-mêmes de prendre l’initiative et de préparer une demande à présenter au Congrès des Abbés en 2004. 

Le conseiller canonique de la CIB, l’Abbé Richard Yeo, avait révisé les suggestions proposées par le Conseil d’Administration.  Son texte a été présenté par l’Abbesse Joanna Jamieson et discuté.  L’Abbé Primat Notker Wolf, qui participait à la réunion et qui a encouragé les femmes tout au long de ce processus depuis son élection en 2000, a soumis les suggestions de la Conférence à la réunion du Synode des Présidents qui s’est tenue en fin Septembre au Canada.

Le contenu de la brève allocution d’introduction prononcée par M. Máire Hickey OSB, Dinklage Allemagne, Modératrice de la C.I.B., devrait aider les lecteurs et lectrices du Bulletin à comprendre le contexte de la demande présentée au Congrès des Abbés. Elle a donné les définitions suivantes

1. Définition de la Confédération Bénédictine: L’Union des 23 (actuellement) Congrégations de moines Bénédictins formée en 1893.  Elle a à sa tête l’Abbé Primat qui est élu tous les 4 ans par les Abbés des Congrégations membres. Le Centre de la Confédération est l’Abbaye de S.Anselmo.

2. Définition du Ius Proprium: le titre d’une brochure qui comprend 4 documents légaux, 1. Lex Propria, 2. Ordo celebrandi Congressum Abbatum   3.  Normae de Consociatione cum Confederatione   4. Règlement pour le Secrétariat de l’AIM.

3. Définition de la Lex Propria: le nom des Constitutions de la Confédération Bénédictine approuvées par Rome en 1985.  Les changements apportés à la Lex Propria, tout comme les changements dans les Constitutions de la plupart des communautés, doivent être approuvés par la Congrégation pour les Instituts de Vie Consacrée.

4. Il y a trois formes d’affiliation à la Confédération spécifiées par la Lex Propria:

a) Affiliation ordinaire (ou régulière) i.e. celle des 24 congrégations masculines
b) Affiliation Spéciale (ou extraordinaire) i.e. celle de quelques monastères masculins n’appartenant pas aux congrégations
c) Consociation

5. Définition de “Consociation”:   le terme employé pour l’affiliation des monastères autonomes, instituts et fédérations qui suivent la Règle de St. Benoît et sont reconnus comme Bénédictins et qui souhaitent appartenir à la Confédération Bénédictine.  Toutes les communautés féminines reconnues comme Bénédictines sont dans cette catégorie.

6. Que sont les "Normae de Consociatione cum Confederatione" ?

C’est le document dans le Ius Proprium qui précise quel genre d’affiliation est la consociation .  Ce document consiste en 21 courts articles. Cette partie du Ius Proprium peut être changée par le Congrès des Abbés.

7. Pourquoi les "Normae" doivent-elles être remises à jour ?

Jusqu’à aujourd’hui les femmes étaient consociées à la Confédération en tant qu’instituts individuels. Il n’existait aucune forme d’association qui puisse rassembler les diverses maisons féminines.  Le développement de la CIB

et de sa Conférence des Déléguées vise à rectifier cette situation.  Les Statuts "définissent la CIB, ses objectifs et son fonctionnement."  Maintenant que tout cela a été mis en place, le temps est venu de l’introduire dans les Normae de Consociatione cum Confederatione.

Formation pour les Bénédictines,
une question de première importance
- un des thèmes de la rencontre -

La question des études pour les religieuses, et plus spécifiquement de leur formation, a toujours été un sujet central au cours des rencontres des bénédictines depuis les années 70 où la Commission a vu le jour grâce à l’Abbé Primat. La discussion autour de ce sujet à la réunion de Nairobi en septembre 2001 avait inspiré les membres de la Conférence à faire des recherches sur d’éventuelles possibilités d’ériger une fondation en vue de stimuler et soutenir la formation des bénédictines. A la réunion de Sidney, deux sœurs du Bon Samaritain, Sr. Lorraine Victorsen et Sr. Laire Dwyer, de même que Sr. Mary McDonald, ont présenté d’une manière remarquable leur propre expérience d’une telle fondation en Australie. Sr. Mary McDonald, qui a une grande expérience comme modératrice, a aidé les participantes à formuler leurs propres questions dans ce domaine. Il reste encore beaucoup de recherches à faire et cette question demeurera sur l’agenda pour les rencontres à venir.

Rapport de l’AIM

Sœur Gisela Happ et le Père Mark Butlin sont venus représenter l’AIM à la rencontre de Sidney. Sœur Gisela Happ est la nouvelle secrétaire générale de l’AIM. Elle demeure à Vanves où elle travaille au bureau de l’AIM. Le Père Mark Butlin d’Ampleforth, Grande Bretagne, est secrétaire pour les régions d’Asie, d’Afrique et d’Océanie, ce qui veut dire qu’il doit voyager beaucoup pour visiter les communautés et se rendre compte de leurs besoins.

Le Père Mark nous a donné une description, instructive et utile, de la manière dont travaille l’AIM. Il espère qu’il y aura une bonne collaboration entre les deux instances et a offert de mettre l’acquis d’expérience de l’AIM à la disposition de la CIB.

Une partie importante de l’exposé du P. Mark fut son appréciation de la contribution australienne à l’AIM et aux cours de formation monastique qui existent. Aussi bien des professeurs que des étudiants d’Australie ont participé au cours de formation pour des formateurs. A cause des distances énormes de ce continent, on y a développé un ‘enseignement à distance’ dont on est  en train de regrouper une part considérable des matériaux pour le rendre disponible aux bénédictines ailleurs dans le monde. Rester attentives à l’évolution dans ce domaine ! Le Père pouvait déjà nous donner une adresse :

Center for Christian Spirituality ;
PO Box 125 ; Wahroonga NSW Australia.
E-mail adresse : ccs_info@brokenbay.catholic.org.au
Le CCS est un projet du diocèse catholique de Broken Bay.

Les sœurs du Bon Samaritain ont développé, au cours des vingt dernières années,  des cours de spiritualité spécifiquement bénédictine. Elles ont été priées de les rendre accessibles à un cercle plus large. Sœur Margaret Malone SGS espère pouvoir présenter un nouveau cours sur la Règle, basé sur l’édition de 1996 de Kardong. Dans ce cours, chaque participante reçoit une ‘jumelle’ parmi les autres étudiantes, ce qui permet un échange sur les sujets des leçons. La communication se fait par fax. Ce parrainage entre étudiantes contribue à rendre le travail plus personnel et à approfondir l’engagement. Il a aussi comme effet secondaire de créer des liens au-delà de grandes distances. Le site internet des sœurs du Bon Samaritain est www.goodsams.org.au Le cours de spiritualité monastique, œuvre du Père Brésard, Cîteaux, et qui peut être trouvé à l’internet sur le site de l’abbaye de Scourmont - en anglais et en français - est en train d’être ré-édité avec de nouveaux atouts. Ce cours a été très recommandé. Le Père Mark continue de réunir des informations sur l’enseignement à distance et nous tiendra au courant.

Le cours ‘Formation pour les formateurs’ qui se donne tous les étés à Rome, a eu beaucoup de succès. Le P. Mark nous a bien souligné que ce n’est pas un projet de l’AIM, bien que lui-même y a été très engagé. Ce cours est du à l’initiative de l’Abbé Primat Marcel Rooney et continue sous l’égide de l’Abbé Primat. Les inscriptions pour l’été 2005 peuvent être envoyées à Dom Brendan Thomas, Belmont Abbey, Angleterre : dombrendan@aol.com

Sr. Gisela Happ a surtout travaillé dans le domaine des finances de l’AIM et a expliqué comment s’y prendre pour demander des subventions. Deux fois l’an, il y a une réunion où il est décidé à quelles demandes de subvention une réponse positive sera donnée. On peut envoyer sa requête d’aide avant le 1er mai, pour la première rencontre, et avant le 1er novembre pour la deuxième. Sœur Gisela a insisté sur le fait qu’il ne sera pas donné suite aux demandes arrivant trop tard. Les communautés qui sont en relation avec le P. Jacques Coté (secrétaire pour l’Amérique du Sud) ou le P. Mark Butlin, sont priées de faire parvenir leur correspondance au sujet des questions financières à l’adresse AIM à Paris. Étant donné que ces deux Pères sont souvent en voyage, le risque est grand que les lettres envoyées chez eux ne soient ouvertes que trop tard.

Rapport des Philippines (Région 14)
par M. Angelica Leviste, OSB

«Les Philippines ont passé par une tempête déstabilisante de forces subversives dont le coup d’état fomenté, fin juillet cette année, est un exemple. Au centre de cette tempête : un effort bien organisé et structuré de certaines puissances en vue d'abolir la démocratie, par le truchement d’informations fausses et d’agitation politique.

Pots de vin et corruption ont pénétré tous les niveaux de notre société, y compris les rangs politique et civil les plus hauts du pays. Le sens religieux et moral du peuple est en nette baisse, tandis que la pauvreté et la criminalité augmentent. D’où un accroissement d’inquiétude et de mécontentement dans la population.

Au milieu de ces remous et prises dans le tourbillon de la culture post-moderne, nous, les communautés monastiques des Philippines, sentons le besoin d’une conversion radicale et d’une vie authentique selon notre vocation monastique. Seul un renouveau dans nos communautés fera de nous, dans notre monde, un LEVAIN DE JUSTICE ET DE PAIX pour la cause du Royaume. »

M. Angelica énumère les cours et programmes de renouveau de sa propre congrégation, les Sœurs bénédictines missionnaires de Tutzing, et de l’autre congrégation bénédictine présente dans son pays : les Sœurs bénédictines du Roi Eucharistique.

Elle continue en nous disant que « les bénédictines des Philippines ont formé une association. L’équipe des responsables de cette association se réunit au moins deux fois l’an pour prévoir la formation continue de nos membres. » La formation continue paraît être une grande priorité aux Philippines. Il convient donc parfaitement que la réunion de décembre 2003 des BENEDICTINES D’ASIE DE L’EST ET D’OCEANIE, dont le thème est ‘La génération E et l’avenir du monachisme’ se tienne à Manille. M. Angelica écrit : « Les jeunes qui entrent dans nos monastères maintenant apportent avec elles un monde de valeurs, de croyances et d’aspirations façonnées par la culture actuelle. Il nous faut regarder en face quelques questions essentielles :

Comment pouvons-nous transmettre la vie monastique à la génération E ? Comment pourrons-nous vivre notre vocation monastique dans le contexte de la culture post-moderne de manière à garder sauf ce qui, dans notre tradition,  ne peut être négocié ? »

Parmi les intervenants se trouvent le Frère Douglas Mutin OSB de Collegeville et l’Abbé Primat Notker Wolf.

Rapport de la rencontre CIB en Namibie (Région 18)
par M. Irmgard Poroto OSB

L’union des bénédictines en Namibie et Afrique du Sud s’appelle BECOSA. Leur réunion de février 2003 fut une bonne occasion d’expliquer l’évolution de CIB et de donner un rapport du symposium tenu en septembre 2002 à Rome, dont le thème était : ‘Le bon zèle’. Une de nous ayant participé au tout premier cours ‘Formation pour formateurs’ a partagé ses impressions et M. Theodora a proposé un échange sur les problèmes. La réunion de BECOSA fut aussi très pratique par ce qui s’est dit au sujet des motivations des aspirantes à la vie monastique, ainsi que des critères pour discerner une vocation. BECOSA a érigé un comité des finances afin d’étudier comment soutenir le travail de la Conférence de CIB, ne serait-ce que bien modestement.

Le financement des réunions

Sr. Colleen Haggerty, présidente de la Fédération St. Benedict, Minnesota, USA, a fait savoir à M. Màire Hickey qu’elle ne peut plus assumer la tâche de trésorière de la Conférence de CIB. Sr. Johanna  Domek OSB, prieure du monastère bénédictin de Cologne, Allemagne, a accepté de la remplacer. Au comité des Finances se trouvent aussi Sr. Lucia Wagner OSB (Munich, Allemagne) et Sr. Erica Van de Cauter, OSB (Schotenhof, Belgique). Le rapport qu’elles ont présenté montre que les structures d’administration sont en train de bien se mettre en place. Les déléguées des 19 régions ont été sollicitées pour contribuer, selon leurs possibilités, aux dépenses de la Conférence, ce qui actuellement inclut les frais de secrétariat, de la réunion annuelle et du symposium tenu tous les quatre ans. A cause des difficultés financières à plusieurs endroits, ceci n’est pas facile. Les relations entre monastères dans certaines régions sont encore dans leurs tous premiers débuts, de même que les notions de transactions internationales et les possibilités de support mutuel par ce moyen ont encore besoin de se développer. Néanmoins, ce qui se fait déjà pour éveiller les esprits et pour financer les rencontres est en train de prendre forme.

Le vieillissement des communautés

L’Abbé Primat Notker Wolf nous a informées que le VDB (Union des supérieurs bénédictins germanophones) et le SÄK (Conférence des Abbés germanophones) ont créé une commission qui, sous la direction de Mme l’Abbesse Luitgardis Hecker, a pour but d‘explorer les problèmes des communautés vieillissantes. Puisque ce problème n’est pas l’apanage des communautés allemandes, l’Abbé Primat a conseillé la création de telles commissions aussi pour ailleurs. Il a été bien clair en disant qu’il ne considère pas comme sa tâche de s’occuper des problèmes de communautés individuelles. Par contre, les communautés d’une région devraient se concerter et voir comment s’entraider au mieux et créer des structures en vue de chercher des solutions pour les communautés membres.

Promouvoir des vocations

Au sujet des vocations,  le Père Abbé Primat a souligné qu’il y a, chez les jeunes d’aujourd’hui, une grande soif de valeurs spirituelles. Le succès de mouvements comme New Age en témoigne. Les communautés bénédictines devraient tendre la main à ces jeunes en recherche. Il s’agit pour nous d’être flexibles dans l’expression de notre charisme tout en demeurant fidèles à la sagesse de St. Benoît. Le Père Abbé a fait un pressant appel à cultiver la maturité humaine de tous les membres de la communauté, aussi cloîtrée que celle-ci puisse être. La maturité humaine est une condition de l’authenticité de la vie spirituelle. Et elle seule suscite le respect chez les jeunes en recherche de Dieu dans le monde d’aujourd’hui.

Le Monastère N.D. du Calvaire à Jérusalem
Présence bénédictine en Terre Sainte

La présidente de la congrégation française N.D. du Calvaire, Mère M.Claire Ducruit, fait appel à la CIB - avec tout son réseau mondial - sollicitant leur solidarité avec les moniales du monastère sur le Mont des Oliviers à Jérusalem : qu’elles puissent continuer leur mission dans ces temps si troublés.

La Congrégation N.D. du Calvaire a été fondée à Poitiers, France, en 1617. La fondatrice était animée par un désir profond d’une communauté de bénédictines, disciples de Jésus, vivant au lieu même où il avait donné le témoignage suprême de son amour par sa mort, sa résurrection et son ascension. Ce désir ne pouvait cependant pas être réalisé puisque les lieux saints étaient alors aux mains des Turcs. La communauté de Poitiers continuait de vivre et de prier pour que les lieux saints redeviennent une possession chrétienne, toujours avec l’intention d’une fondation à Jérusalem dès que cela serait possible.

Ce n’est qu’en 1896, après plusieurs fondations en France, qu’il est devenu possible de réaliser les projets conçus trois cents ans auparavant. En 1892, le vicaire général du patriarcat Grec-melchite de Jérusalem, en visite au monastère d’Angers,  demanda à la Congrégation de N.D. du Calvaire de faire une fondation à Jérusalem. Après beaucoup de difficultés les permissions nécessaires ont été obtenues et la fondation fut faite en 1897. Une condition était que les sœurs tiennent un petit orphelinat pour des filles grecques. En 1903, après des difficultés presque insurmontables, le monastère et l’orphelinat étaient enfin un fait accompli.

La communauté avec ses orphelines palestiniennes chrétiennes a pu persister au milieu des vicissitudes du pays, au cours du 20e siècle. En 1914 il a fallu évacuer la communauté en France. De retour à Jérusalem, en 1919, les moniales ont pu vivre de près les tensions toujours plus grandes entre Juifs et Arabes sous la domination britannique et ont passé par la guerre qui éclata peu après la création de l’état d’Israël. Les années 60 étaient, pour elles comme pour tous les religieux, des années d’aggiornamento. La place qu’elles tenaient dans l’Église de Jérusalem et l’endroit où le monastère était situé les entraînaient dans les relations œcuméniques qui se développaient dans la Ville Sainte. Elles ont ouvert leurs portes toutes grandes pour le renouveau liturgique et les observances monastiques. En 1997, elles ont été contraintes, par les nouvelles réglementations de l’état d’Israël en matière d’éducation, de fermer l’orphelinat. Elles continuent de financer l’éducation d’un certain nombre d’enfants palestiniens chrétiens, mais ont mis l’accent de leur activité apostolique sur la peinture d’icônes et l’hospitalité. La plupart des religieuses sont engagées dans l’atelier d’iconographie, et leurs œuvres sont vendues dans le monde entier.

En 1997, comme partie de la célébration du centenaire de la fondation, la communauté a inauguré un nouveau projet : elles invitent à une année d’études bibliques et d’iconographie, des religieuses qui aimeraient partager la vie et la prière d’une communauté monastique dans ‘le Pays où a vécu le Verbe fait chair’.

La vie des chrétiens et des communautés chrétiennes en Israël devient plus précaire d’année en année. Il y a de moins en moins de visiteurs venant de l’étranger et le danger d’isolement menace. Ceux qui sont appelés à rester dans la ville ont besoin de nos prières. Le service rendu par cette communauté à la population chrétienne en maintenant dans la Ville Sainte une présence bénédictine vouée à la vie contemplative mérite le support et la solidarité de la part de nous tous.

Les religieuses qui envisagent une période sabbatique rendraient un grand service de solidarité en se renseignant sur les possibilités offertes par les sœurs du Mont des Oliviers, et en partageant pour un temps leur vie et leur prière à Jérusalem.

    Adresse
    Mère Prieure Christine Nicole Devillon OSB
    Monastère des Bénédictines du Mont des Oliviers
    POB 19338 Jerusalem -East    Israel

La Conférence CIB vue par les yeux des Sœurs du Bon Samaritain
par Sœur Margaret Malone, OSB

Jusqu’à maintenant, le contact avec d’autres sœurs bénédictines en dehors d’Australie impliquait,  pour les sœurs du Bon Samaritain, de longs voyages à travers le monde. Nous avons été reçues chaleureusement dans beaucoup de communautés. Maintenant, pendant cette rencontre de la Conférence CIB, à notre tour, nous avons eu l’occasion d’accueillir nos sœurs de tant de communautés et de leur offrir une place dans notre maison et dans nos cœurs. Cela a été pour nous une grâce exceptionnelle. Nous avons été enrichies par cette rencontre avec tant de bénédictines formidables et nous nous sentons comme faisant partie de toutes ces communautés qu’elles représentent.

Il y a eu des époques où les sœurs du Bon Samaritain, isolées ici en Australie, se sont senties très différentes de leurs sœurs d’ailleurs. L’expérience de ces journées a renforcé des liens et fait ressortir tout ce que nous avons en commun. Nous avons certainement des différences mais c’est la même vie que nous partageons et nous nous joignons facilement dans la liturgie et dans la compréhension en profondeur.

Il y a eu, précédemment, plusieurs contacts personnels et avec des communautés, ce qui nous a aidées, toutes, à nous sentir à l’aise, mais dorénavant les liens tissés pendant cette rencontre ne cesseront de se renforcer.

Il est difficile de comprendre quelque chose avant de l’avoir expérimenté, et cela se vérifie certainement en ce qui concerne notre compréhension du rôle de la Conférence de la CIB. Tant de sœurs du Bon Samaritain ont participé à différents aspects - préparation à plusieurs niveaux, hospitalité, liturgie, lectures, visites, excursions – qu’une grande compréhension du rôle de ce groupe si important est née. Il n’y aura plus de mystère sur ce que fait la supérieure lorsqu’elle participe aux réunions. Une conscience profonde de la belle présence bénédictine à travers le monde s’est fait jour.

Les déléguées peuvent trouver que leur séjour en Australie fut une belle expérience. Les sœurs du Bon Samaritain, elles, peuvent en toute vérité dire qu’elles ont été les bénéficiaires d’un cadeau immense pendant ces jours de la rencontre.

L’Union bénédictine d’Australie et Nouvelle Zélande

Ce fut un grand enrichissement pour la réunion que d’avoir l’occasion d’échanger avec l’ANZBU, L’Union bénédictine d’Australie et Nouvelle Zélande. Voici quelques détails sur cette union. ANZBU est une association d’instituts religieux qui suivent la règle bénédictine. Dans leur prospectus, nous lisons : « En conformité avec les directives de Perfectae Caritatis nn 22-23, l’Union a été mise en route au cours d’une réunion de supérieurs bénédictins en Avril 1969. Ceci à la suite d’une suggestion exprimée à la  première rencontre monastique d’Asie tenue sous l’égide de l’AIM, à Bangkok en décembre 1968. »

Les instituts qui y sont représentés sont les suivants :

    St. Benedict’s Monastery, Arcadia, NSW, fondé en 1949 (hommes)

    St. Mark’s Priory Camperdown, fondé en 1975 (Anglican, hommes et femmes)

    Good Samaritain Sisters de l’Ordre de St. Benoît, fondé en 1857 (femmes)

    Coordinateur d’ANZBU : Bernard MCGrath OSB d’Arcadia ; secrétaire : Sr Cecile SGS…..

L’ANZBU est responsable de la publication d’un magazine monastique, TJURUNGA, qui a publié des articles à thèmes monastiques d’Europe, et des EU mais aussi un choix d’articles d’auteurs australiens. L’éditeur, le P. Michael Casey OCSO, bien connu pour ses livres, Sœur Margaret Malone SGS,  Sœur Pam Pullen SGS, et le Père Terrence Kavenagh OSB, qui constituent l’équipe de rédaction, ont tous contribué au renouveau de la spiritualité monastique dans la région.

Secrétariat

Le Père Abbé Primat met à la disposition de la CIB un local dans le nouveau bâtiment en construction près de Portinera in S. Anselmo. Il nous servira comme secrétariat permanent. Pour l’instant il n’y a pas de projet pour avoir quelqu’un continuellement sur place, mais nous avons grand besoin de créer des archives avec des documents divers concernant les bénédictines, des informations sur les monastères et les régions, ainsi que tout le nécessaire pour les réunions. Il est à espérer que ce bureau sera prêt à partir du 1er octobre 2004.

Guide des Bénédictines

Le catalogue de 2000 – le premier de son genre : contenant des renseignements sur toutes les communautés de bénédictines – a besoin d’être mis à jour. La première révision est projetée pour 2006. Le monastère d’Eibingen a offert sa collaboration, mais nous aurions encore besoin de renfort. Si quelqu’un se sent appelé à aider – de préférence quelqu’un en Allemagne – ne serait-ce que pour six mois, prière de se mettre en contact avec

Sr. Monica Lewis,
Abtei St. Scholastika,
D-49413 Dinklage ;
Fax 49 4443 513-118 ; 
 abtei@abteiburgdinklage.de

Nouvelles déléguées à la Conférence de la CIB

En avril 2003 eut lieu l’élection de la déléguée de la région 3, France et Israël. M. Véronique Dussud OSB, prieure générale des bénédictines de Jésus Crucifié, à Brou sur Chantereine, fut élue.

A la région 10, ABECCA, M. Inés Sànchez Rendón a terminé sa tâche de prieure générale des Misioneras Guadalupanas de Christo Rey au Mexique et démissionné de son mandat comme déléguée de la région.
Il n’y a pas encore eu d’élection.

Site internet CIB

Au cours de la réunion à Sidney, Sr. Johanna Domek, prieure du monastère bénédictin à Cologne, Allemagne, a accepté de mettre en place un site internet CIB. Elle va collaborer avec Sœur Ruth Schönenberger des Sœurs de Tutzing, qui, elle, se charge de l'aspect technique du projet. Sr. Johanna nous prie de lui envoyer nos suggestions pour OSB ‘links’ avant le 15 novembre 2003. Plus tard chaque région pourra informer sur ses activités au moyen de ce site.

Johanna Domek OSB,
Benediktinerinnen ,
Brühler Str. 74,
D-50968 Köln-Raderberg, Allemagne ;
Fax 49 221 93 70 679  
johanna.domek@benediktinerinnen-koeln.de

A Vision will come true – Benedictine women and men’

La traduction anglaise de ce livre d’Agatha Rohtert OSB (titre allemand de l’original : ‘Werdendes Gleichgewicht’) vient de paraître sous ce titre. L’auteur examine la situation des monastères féminins en Allemagne et aux USA au 19e siècle, la confrontant avec les structures créées pour les communautés d’hommes à cette même époque. A partir de là, elle étudie les causes de l’évolution du siècle suivant. Son étude jette de la lumière sur des préjugés, résultats du contexte social du 19e siècle. Commandes à faire chez :

Sr. Monica Lewis,
Abtei St. Scholastika,
D-49413 Dinklage ;
Fax 49 4443 513-118 ; 
abtei@abteiburgdinklage.de

Secrétaire du Père Abbé Primat

Le Père Abbé Primat Notker Wolf cherche un secrétaire pour remplacer le P. Placid Berger qui avait espéré pouvoir prendre sa retraite en 2000. Suite à une longue recherche, il a pu engager Sr. Maria Laura Natali de Citerna, mais seulement pour une année. Il a donc de nouveau besoin de quelqu’un pour prendre sa suite. Une condition essentielle est la connaissance de l’Italien.

La Conférence des Prieures Bénédictines CBP

Le nouveau nom de la Conférence des Prieures Bénédictines Américaines, CABP, est :
The Conference of Benedictine Prioresses CBP.

Quelques notions historiques sur l’Australie
par Sonia Wagner

Nous sommes tous des pèlerins en voyage. Il y en a parmi vous qui sont encore fatiguées du voyage. Lorsqu’on  vit dans cette région du monde qui s’appelle Océanie, on est continuellement confronté aux distances. Parfois nous parlons même de la tyrannie des distances.

Géographiquement parlant, l’Océanie est composée d’une multitude d’îles, grandes et petites, qui sont à la fois séparées et reliées par l’eau. La plus grande de ces îles est le continent d’Australie et aujourd’hui , ici, nous pouvons saluer les îles voisines de La Nouvelle Zélande.

Les habitants autochtones y sont, d’après les estimations actuelles, depuis environ 50 000 ans. La colonisation par les blancs est un fait relativement récent.

C’était le jour de la Pentecôte en l’an 1606,  que l’espagnol De Quiros, pouvait saluer, encore de loin, ce grand continent austral qu’il cherchait. Il le baptisa « La Terre du Sud du Saint Esprit ». Au 17e siècle les Hollandais ont exploré le côté ouest auquel ils donnaient le nom de « Nouvelle Hollande ». N’étant pas attirés par la côte qui leur paraissait désertique, ils n’ont pas poussé plus loin leur colonisation. Au 18e siècle, les Anglais qui  venaient de perdre leurs possessions en Amérique du Nord, maintenant connues comme les USA, étaient à la recherche d’autres territoires pour compenser. Ils avaient surtout besoin d’un endroit où envoyer leurs prisonniers, principalement des Irlandais. C’est alors que ce pays fut connu comme Australie. La date retenue comme étant le début de la colonisation de Sidney est le 26 janvier 1788. Ce jour est maintenant connu sous l’appellation – controversée -  d’« Australian Day », ‘jour australien’.

Visite à Polding Villa

Sur le terrain de Toxteth House, la maison centrale du Bon Samaritain, située non loin du centre de Sidney, se trouve Polding Villa, un bâtiment accueillant et de forme ronde. C’est le foyer d’une grande partie des sœurs âgées du Bon Samaritain. Par l’Eucharistie quotidienne et par la prière communautaire et personnelle, les sœurs s’acquittent de leur mission de prier pour l’activité de leur congrégation et pour l’Église en Australie. Il était important pour elles de pouvoir rencontrer les membres de la Conférence. Depuis longtemps déjà, elles les portaient dans leur prière. Il était également important pour nous de rencontrer ces sœurs délicieuses qui, après une longue vie remplie et féconde, prennent maintenant les besoins et les problèmes des plus jeunes dans leur prière, avec désintéressement et ouverture de cœur. Elles nous ont accueillies de façon charmante et nous ont assurées qu’elles vont continuer de prier pour les intentions de la CIB. C’est  avec gratitude que nous nous souviendrons de cet échange de vie au plus profond du cœur de l’Église

John Bede Polding OSB
par Sonia Wagner

John Bede Polding, moine de l’Abbaye de Downside, Angleterre, est arrivé en Australie en 1835. Il fut le premier archevêque catholique en Australie et a joué un rôle important dans la vie de la nouvelle colonie. Il aimait ce pays, son pays d’adoption. Il répétait souvent : « Dès mon arrivée ici, j’étais décidé à me considérer comme un Australien. »

Lorsque le Père Polding est parti en Angleterre, en novembre 1840, pour quêter de l’argent et attirer des missionnaires, il dit qu’il  partait « avec les sentiments d’un Australien et qu’il se rend en Angleterre pour montrer à ce pays le visage d’un  véritable Australien». (Cité dans ‘Australian Chronicle’ 17 nov. 1840)

Au moment du décès de Mgr Polding, son successeur sur le siège archiépiscopal de Sidney, Mgr Roger Bede Vaughan, écrivit : « Le peuple sent qu’il s’est identifié avec leur temps aussi bien qu’avec celui des tout premiers jours de la colonisation. .»

C’était justement dans sa capacité de s’identifier au peuple que se trouvait la source de sa compassion et de son zèle pour la justice. Dans une de ses répliques au Comité Parlementaire de 1845 au sujet des conditions des Aborigènes, il dit : « … Je me mets moi-même à la place d’eux,  faisant abstraction de tout ce que je sais, sauf la certitude que ceci est mon pays, que mon père y vivait par la chasse aux émeus et aux kangourous, que je suis banni de mes terres de chasse, que mes enfants et ma tribu sont soumis à des traitements abjects. »

Dans sa Lettre Pastorale pour le carême de 1856, Mgr Polding plaidait pour l’unité dans la diversité dans cette Australie nouvelle. « Avant tout, nous sommes des catholiques ; ensuite nous sommes des Australiens : ce qui abolit toutes les distinctions d’origine ; quel que soit le pays d’où nous venons, nous-mêmes ou nos parents, que ce soit l’Ireland, la France, l’Angleterre, l’Écosse ou l’Allemagne… nous ne sommes plus des Irlandais, des Français, des Anglais ou des Écossais. Nous sommes des Australiens. »

Mgr Polding était le vrai pilier qui soutenait l’Église Catholique en Australie. Ceci est tout spécialement vrai en ce qui concerne les Sœurs du Bon Samaritain, dont il fonda la congrégation en 1857 lui donnant la Règle de saint Benoît. Il est décédé en 1877. Sa tombe se trouve dans la crypte de la cathédrale St. Mary, à Sidney.

La prochaine réunion de la Cotretnférence de la CIB…

Elle aura lieu du 16 au 29 septembre 2004, juste avant le Congrès des Abbés auquel tous les membres de la Conférence sont invitées. Notre présence à ce Congrès montrera l’importance que nous attribuons à la collaboration avec nos frères. La communauté d’Assise invite la Conférence à y tenir sa session avant de joindre les moines à Rome. Une information plus détaillée sur cette rencontre sera envoyée plus tard aux membres de la Conférence.

CIB commentaires
Petite sélection de quelques-unes des réactions sur la Réunion à Sydney

Ce que j’apprécie le plus, c’est de constater que la CIB s’engage plus à fond dans le renouveau de la vie monastique ; aussi la collaboration entre nous. Ensemble, nous arriverons à de meilleurs résultats.

J’ai profondément apprécié la façon dont les Sœurs du Bon Samaritain ont préparé la liturgie de ces jours. Chaque détail devenait célébration, non seulement les Heures de l’Office et l’Eucharistie, mais aussi les moments les plus significatifs de notre réunion. Cela a donné  un climat de prière à toute la semaine..

J’apprécie le soin remarquable avec lequel cette rencontre de la CIB avait été préparée. Les S GS et Mary Robinson ont vraiment pensé à tous les détails. Leur générosité souriante et leur gentillesse m’ont profondément touchée.

C’était ma première expérience d’une rencontre de la Conférence des Déléguées. J’ai été impressionnée et touchée par l’atmosphère fraternelle, les relations délicates. La présence de l’Abbé Primat Notker était importante en tant que lien visible avec la Confédération. J’ai apprécié les visites à d’autres communautés. Ainsi l’ouverture de notre cœur et esprit s’élargit.

Le pays d’accueil est superbement organisé à tout point de vue. La liturgie était magnifique. C’était une expérience enrichissante de rencontrer, non seulement les autres membres de la CIB mais aussi la communauté des Sœurs du Bon Samaritain et les moines et moniales Bénédictins de la région. Il était impressionnant de voir que les exposés sur la spiritualité monastique étaient ouverts au grand public et de pouvoir ainsi rencontrer des laïcs qui se sentent proches de la spiritualité bénédictine et de ses valeurs. La présence de l’Abbé Primat et des deux hôtes de l’AIM était très positive.

C’est un événement pour moi très spécialement, venant de si loin, de prendre part à une rencontre bénédictine et de constater que la présence irlandaise y est si palpable. C’est vraiment une grande joie pour moi de découvrir que tant d’Irlandais ont suivi ici dans les traces de saint Benoît - et de vivre cela ensemble avec vous.

Liberté : la liberté d’être soi-même avec tout ce qui nous différentie, nous acceptant sans juger, libres de partager, libres de prendre et de laisser. Cette atmosphère de liberté m’a aidée à me débarrasser de mes inhibitions.

Beauté : il y a tant de beauté ici : dans le paysage, dans la liturgie, dans les personnes rencontrées, beauté non seulement des visages mais aussi des âmes.

Unité : Nous sommes toutes très différentes et venons de pays différents, nos traditions aussi sont toutes fort différentes et pourtant nous nous acceptons dans nos différences, ce qui nous rend UN dans le Christ.

Justice : J’ai été impressionnée de voir tout le sérieux avec lequel on a voulu nous aider à comprendre les différents peuples de ce continent et les efforts d’obtenir justice pour les habitants d’origine.

Joie : La réponse à une des prières d’intercession était : ‘Remplis-nous de joie !’ C’est une manière bien positive de formuler la prière et qui reflète tout le positif que nous avons vécu ici :  la façon de prendre les défis, de regarder et d’encourager la créativité, la façon pleine de respect et d’attention chaleureuse avec laquelle les personnes sont traitées.

Hospitalité : Nous avons pu voir l’hospitalité des Sœurs du Bon Samaritain dans le soin avec lequel elles ont préparé cette réunion, le temps accordé aux rencontres entre nous, l’aide donnée pour nous faire connaître le pays et ses habitants – spécialement les aborigènes – et dans la joie rayonnant de tous, même des sœurs âgées de Polding Villa qui, depuis longtemps, avaient préparé la rencontre dans la prière et en lui témoignant beaucoup d’intérêt. Mais un aspect particulièrement important de l’hospitalité était : les nombreuses occasions de rencontre entre nous ont rendu possible un niveau d’échanges plus profond.

Un don très spécial de cette rencontre, ici à Sidney, fut pour moi le fait que les Sœurs du Bon Samaritain ont partagé (offert ?) non seulement leurs lieux et l’hospitalité, mais qu’elles ont aussi pris le temps de s’associer à leurs hôtes pour tous les moments de prière, les repas et les excursions. Les échanges particulièrement, pendant cette semaine, ont été appréciables à plusieurs points de vue, aussi bien au plan personnel qu’au plan spirituel. J’ai réalisé à quel point le charisme bénédictin se retrouve ici et se montre si vivant ; je suis profondément reconnaissante d’avoir eu la chance d’y être sensibilisée.

Je suis reconnaissante de ce que cette rencontre est devenue une occasion d’avoir entre nous une vraie vie communautaire et de prière.

* * *