Bullétin 2005

CIB-Bullétin
Septembre 2005
Numéro 3

Communio Internationalis Benedictinarum

Contact: Sr. Monica Lewis OSB, Abtei St. Scholastica, D-49413 Dinklage
  Téléfon: +49 4443 5130 Fax: +49 4443 513118 E-Mail: abtei@abteiburgdinklage.de

Contenu:

Editorial

Réunion de la Conférence de la CIB 2005

- Résumé

- Rapport de la Modératrice

- Un bon Leader par Sr. Judith Ann Heble

- Rencontre des supérieurs monastiques de Pologne

  Aperçu des communautés- bénédictines en  Pologne

- Bénédictines en Europe de l’Est

- Une Visite à Zarnowiec

- Une impression Personnelle de
  la vie bénédictine en Pologne 

NOUVELLES

- Symposium 2006

- Catalogue 2006

 

Editorial

Je reviens tout juste de la réunion annuelle de la Conférence de la CIB qui s’est tenue du 5 au 15 Septembre 2005 en Pologne.  Une nouvelle fois les Déléguées de la Conférence représentant les 19 régions du monde se sont retrouvées pour prier et partager ensemble, et chercher l’inspiration du Saint Esprit qui a dans le passé encouragé et béni leur travail. Cette Newsletter résume les différents aspects de la rencontre et communique les nouvelles d’intérêt général. Elle est plus courte que les précédentes car les fondations ont été mises en place et les informations de base ne sont plus nécessaires. Je voudrais recommander à celles qui souhaitent en savoir plus long sur la CIB notre site www.benedictines-cib.com où on trouve les numéros précédents de la lettre ainsi que d’autres informations.

 Sr. Monica Lewis OSB


REUNION ANNUELLE DE LA CONFERENCE DES DELEGUEES DE LA CIB

Pour la cinquième fois la rencontre annuelle de la Conférence de la CIB s’est tenue en dehors de Rome. Un modèle prend forme, à partir des expériences positives du passé. Cette année trois jours complets ont été consacrés à la première partie de la rencontre, où les déléguées se sont réunies entre elles pour discuter et échanger les unes avec les autres.  Ce fut une partie importante de la rencontre et les relations qui s’approfondissent entre nous ont contribué à enrichir la qualité du partage.  La seconde partie de la rencontre a duré une journée entière, et les Bénédictines polonaises ont présenté leurs communautés et leurs différents charismes.  La troisième partie de la rencontre consistait en des visites de plusieurs communautés et des lieux importants dans le but de créer une plus grande compréhension des deux côtés. Ces trois aspects de la rencontre sont présentés dans les pages suivantes.

 

La rencontre des déléguées

Un des aspects de cette partie de la rencontre consistait à envisager l’avenir et ouvrir la route pour de nouveaux développements. L’an dernier, au Congrès des Abbés 2004, les déléguées avaient atteint leur but : la reconnaissance par la Confederatio Benedictina.  A leur demande la Lex Propria a été mise à jour avec mention de la CIB.  Il y avait donc cette année un sens de nouveau commencement dans l’air.  Dans un an, Septembre 2006, après le Symposium, les Déléguées éliront une Modératrice et un Conseil pour les quatre prochaines années. Pour ce mandat il sera nécessaire de formuler des buts par un processus de discernement. Ce processus a été mis en route durant les journées de Varsovie. 

Dans une telle rencontre du temps est toujours consacré à du travail sur des thèmes monastiques. Cette année un travail préliminaire a été fait sur le thème de la sagesse dans le gouvernement dans la Règle de St. Benoît, en préparation au Symposium 2006.  Il avait été demandé à quatre déléguées d’âges et de mandats différents de préparer une courte communication sur ce qu’elles avaient appris. Sr. Judith Ann Heble des USA, Présidente de la Conférence des Prieures Bénédictines, a donné une introduction à partir de son expérience personnelle et elle a présidé la session.  La manière personnelle dont chacune a parlé a encouragé le partage, et a donné des indications quant aux thèmes qu’il conviendra de discuter au Symposium.
 

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Priere de S. Aelred

Vous connaissez mon cœur, Seigneur : tout ce que vous m’avez donné, à moi votre serviteur, je veux le leur donner sans réserve et l’employer entièrement pour eux. Aussi écoutez-moi, , écoutez-moi, Seigneur mon Dieu, et que vos yeux soient ouverts sur eux jour et nuit. Étendez vos ailes et protégez-les, Seigneur très bon, étendez votre droite sainte et bénissez-les. Répandez dans leurs cœurs votre Esprit-Saint. Que cet Esprit-Saint vienne assister ceux qui prient : qu’il restaure leur esprit par la suavité de la compassion, que par l’espérance il les relève, que par la crainte il les rende humbles, et que par la charité il les réchauffe
    (trad. S.C Nº 76)

RAPPORT DE LA MODERATRICE

(Extraits du rapport de M.Máire Hickey 6 Septembre, 2005)

Signification de la Pologne et de Varsovie comme lieu de notre rencontre - quelques réflexions sur notre vocation bénédictine

J’aimerais commencer mon rapport pour l’année 2004-2005 avec mes cordiaux remerciements à M. Jolanta pour nous avoir invitées à tenir cette réunion ici en Pologne. Dès le début je veux mettre l’accent sur ce lieu où nous nous trouvons réunies pour notre rencontre 2005 de la CIB, et nous rappeler comment le fait d’être ici dans cette ville nous aidera à entrer au cœur de notre vocation. bénédictine.

Assise, où s’est tenue notre réunion de l’an dernier, demeure inoubliable comme cité de paix...    A quoi nous fait penser Varsovie ? Notre voyage de la CIB nous a menées d’un lieu où l’esprit évangélique de réconciliation était partout palpable, à une ville où l’abus criminel du pouvoir par quelques individus sur d’autres et la vengeance brutale ont laissé des blessures de guerre tragiques qui prendront de longues années avant de cicatriser.  Nous savons que le processus de réconciliation a commencé et progresse régulièrement..... Lorsque nous nous déplaçons en tant que sœurs et moniales bénédictines, nous ne visitons pas des lieux comme de simples touristes ou pour poursuivre notre éducation culturelle. Nous savons que ce qui s’est passé ici dans l’histoire récente a quelque chose à voir avec notre vie ici et maintenant,  qu’une part de la soif de pouvoir et de la violence qui ont conduit à la destruction de cette ville en 1944 est en nous.  Nous savons que notre vie quotidienne de réconciliation dans nos communautés est une contribution au processus de réconciliation entre la Pologne et l’Allemagne, entre l’Est et l’Ouest, le Nord et le Sud du monde entier. Varsovie nous conduit au plus profond de notre vocation contemplative, de notre rôle dans le processus de réconciliation auquel le monde est invité chaque jour, au centre duquel est l’offrande de réconciliation de Jésus à son Père, que nous célébrons quotidiennement dans l’Eucharistie. 

II

Où en sommes-nous alors que nous nous réunissons à Varsovie?

Nous commençons notre rencontre  ici à Varsovie en nous rappelant Assise et le Congrès des Abbés à Rome en 2004, pour voir où nous en sommes un an après.

Jusqu’à ce jour nos rencontres commençaient toujours par un examen des objectifs que nous nous efforcions d’atteindre, avec l’espoir d’y parvenir.  Cette fois c’est différent. En Septembre 2004 nous avions réalisé des objectifs importants que nous nous étions assignés et pour lesquels nous avions œuvré, pendant plus de 20 ans. ... Nous sommes parvenues à un tournant important de notre histoire.   Les moniales et les Sœurs qui vivent selon la Règle de St. Benoît sont devenues une Communion internationale.  Comment allons-nous être à l’avenir ?  Le temps est venu pour nous d’identifier les prochains défis qui nous attendent au tournant. Cela signifie écouter la Parole de Dieu et les signes des temps, et identifier les questions dont nous sommes appelées à prendre possession. Le temps est venu pour nous de mettre en route le processus qui nous conduira, dans un an exactement à nommer nos buts concrets et ce que nous envisageons pour 2006-2010.

Quelques réflexions : Après notre rencontre d’Assise nous avons entendu au Congrès des Abbés des exposés sur la Mondialisation. Le message était clair : la Mondialisation ne va pas disparaître.  Les problèmes ne sont plus ceux de petits groupes ou d’individus.  Tous les problèmes nous concernent tous.  Les événements de l’année qui vient de s’écouler le confirment : nous avons vu la participation mondiale au désastre du tsunami en Indonésie, l’intérêt mondial pour la mort du Pape Jean Paul II la participation mondiale à ses funérailles... La guerre en Iraq, les conflits en Israël et en Palestine, les attaques terroristes à Londres et en beaucoup d’autres endroits cultivent une prise de conscience globale.  Nous sommes membres de cette communauté mondiale. Etre Bénédictines ne nous décharge en rien de la responsabilité qu’implique le fait d’être membres de cette communauté mondiale. Mais cela exige de notre part de trouver la qualité spécifique de notre responsabilité, et la manière spécifique de l’exercer. Notre vision de l’avenir devra tenir compte de cela.  Vivre en Bénédictine au troisième Millénaire voudra dire apprendre quelle est la responsabilité des moines et moniales chrétiens pour ce monde.  

Benoît nous enseigne à vivre en prenant grand soin des petites choses et en y faisant grande attention dans la vie quotidienne de la communauté. Mais sa Règle ne nous conduit pas à nous centrer de manière névrotique et compulsive sur notre vie personnelle et notre propre communauté. Elle nous mène à l’amour de notre entourage immédiat, elle détourne aussi d’eux notre regard afin de voir l’auréole de lumière qui l’entoure, comme Benoît lui-même l’a vue.  Nous voulons une vision qui nous aide à saisir la connexion entre le petit et le grand.  Nous avons besoin d’une vision qui nous rappelle que nous sommes appelées à une vie de prière, de contemplation et de louange de notre créateur dans le monde global. 

Dans la communauté mondiale, l’Europe actuellement traverse des processus de développement qui seront d’une grande importance pour le monde à venir. Notre rencontre de Varsovie, au centre de la réconciliation entre l’Est et l’Ouest, nous invite, nous Bénédictines européennes, à formuler une vision pour notre contribution au retour du Christianisme en Europe.  

Les signes des temps appellent – pas seulement en Europe – à la concertation dans nos décisions et notre action de chrétiennes pour vivre dans ce monde selon l’évangile, en sachant que les puissances des ténèbres semblent souvent nous enserrer, mais en continuant dans la confiance à suivre la lumière. La spiritualité est essentiellement quelque chose de vécu.  Mais elle doit être formulée et communiquée.  Le monde a besoin de Bénédictines qui vivent, formulent et communiquent leur message chrétien par leur existence et par leur hospitalité monastique.  Pour encourager le développement du monachisme féminin, que nos Statuts considèrent comme l’un de nos buts, nous avons besoin d’une CIB qui nous aide à vivre notre vocation dans les réalités de la mondialisation du 21ème siècle. 

III

Sagesse dans le gouvernement - une part de notre vision

Je pense que lorsque nous avons choisi „ Sagesse dans le gouvernement “ comme thème du Symposium 2006, nous donnions le ton pour ce que nous envisageons pour la CIB dans les années à venir. Sans un bon gouvernement nulle vision ne peut émerger dans une communauté, et sans un bon gouvernement les meilleures visions ne peuvent être mises en pratique.  Au Symposium, entre autres choses, nous discuterons de la manière dont une personne a besoin de se développer afin d’être capable  d’exercer un bon gouvernement.  Tout être humain a soif de pouvoir, tout comme de nourriture et d’estime. En tant que leader on peut avoir une merveilleuse occasion pour trouver le moyen de satisfaire sa propre soif de pouvoir. C’est une activité qui tend à être terriblement exclusive. Aussi longtemps que je fais ainsi, je ne dirige rien du tout.  Il est probable que je néglige ou même fais du tort aux personnes que je suis censée conduire.   Je dois reconnaître que des erreurs ont parfois été commises dans nos communautés dans le passé parce que nous n’avions pas suffisamment pris conscience de ce que signifie le gouvernement, ni du développement et de la transformation personnels qu’implique  le fait d’assumer une charge de direction au sens Chrétien du terme.  

Aider au développement d’un leadership qui soit humainement et spirituellement sain dans les communautés de Bénédictines pourrait être un élément d’inspiration pour la vision que nous voulons forger pour la prochaine étape de notre voyage.

Enfin, si nous œuvrons pour l’avenir, il convient que nous ayons très présentes à l’esprit nos jeunes et nos plus jeunes sœurs. Si nous voulons transmettre un message et une vision, il convient que nous écoutions les jeunes et que nous nous efforcions de les comprendre.  Il convient que nous nous demandions comment la CIB peut aider nos communautés de moniales et de sœurs à trouver un terrain d’entente avec la jeune génération, à leur donner un espace pour grandir pour apprendre à aimer la vie au service du Seigneur.  

A la fin de cette rencontre, nous allons retourner dans nos communautés, reprendre notre vie quotidienne de prière, clôture, silence, humble service, hospitalité. Notre rencontre de la CIB nous incitera à retourner avec une conscience accrue de notre participation, par notre vie monastique selon la Règle de St. Benoît, au processus de transformation rédemptrice de notre monde.   

 


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Symposium 2006

Le cinquième symposium international de la Communio Internationalis Benedictinarum aura lieu du
 7 au 14 septembre 2006, à S. Anselme, Rome, et aura pour titre :

 « Wisdom Leadership – Gouverner avec sagesse : que les forts soient stimulés et les faibles ne soient pas découragés (RB 64) »

Les conférences seront assurées par Sœur Ruth Fox OSB et le P. Selvaratnam OMI. Chacun fera part, pendant deux jours, de ses réflexions sur la façon bénédictine de gouverner, sur le développement humain et sur ce qui est requis d’un responsable de notre temps. Deux bénédictines australiennes, Sr. Mary McDonald et Sr. Elisabeth Brennan ont accepté de servir comme animatrices pendant notre réunion.

Comme en 2002, nous demandons à chaque région d’envoyer une sœur au-dessous de 50 ans ayant fait sa profession définitive à partir du 1er janvier 2001. Il faudrait qu’elle ait de la facilité à s’exprimer et, si possible, parle deux des langues officielles de la rencontre (l’Anglais, le Français, l’Italien, l’Espagnol et l’Allemand). Ceci pour favoriser la rencontre et le partage avec les autres membres.

Les élections de la Modératrice et du Conseil administratif pour les quatre années qui viennent, auront lieu le 15 septembre.

 

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Extraits de l’exposé sur le leadership, présentée par Sr. Judith Ann Heble

    Un bon leader…

    Sait écouter – possède ‘un cœur qui écoute’

    Est accueillant – sait faire que chacun se sente partie intégrante du groupe

     * encourage par ses paroles et par ses actes

     * sait témoigner de l’empathie et de la compréhension

    Sait élargir ses horizons – est ouvert à la diversité

     * sait tout intégrer…

     * …sans rien exclure

    Communique de la vitalité

     * susciter les dons des autres

     * partage sa responsabilité avec ses sœurs

    Certes, la communauté attend beaucoup de sa responsable.

    La communauté reçoit beaucoup de la responsable

     * qui donne sa vie pour les membres.

L’exposé en son entier peut être demandée à
Sr. Monica Lewis,
abtei@abteiburgdinklage.de.

 

Quelques réflexions sur le leadership
par M. Erica Van de Cauter

  • Cachotterie et exclusivité produisent de mauvais fruits.
     
  • Vous pouvez être acceptée et aimée malgré vos défauts et vos erreurs. Ce qui importe le plus, c’est que les sœurs sentent que vous les aimez et que vous leur donnez de votre temps.
     
  • Ma maîtresse de novices et ma prieure étaient toutes les deux de fortes personnalités auxquelles je suis profondément reconnaissante, spécialement pour la façon dont elles exerçaient leur leadership. Même si je ne peux pas faire comme elles, j’ai beaucoup appris d’elles, surtout de leur courage et de leur persévérance.
     
  • Votre vision doit surgir de votre vie même de Bénédictine, de vos rêves et de votre expérience. Et elle ne pourra devenir réalité que si vous la partagez avec l’équipe qui vous conseille. Pour réaliser cette vision, il vous faudra développer une stratégie adaptée aux circonstances concrètes qui sont les vôtres et y travailler avec persévérance.
     
  • L’autorité vous est donnée : à vous de la recevoir. Votre façon de parler, et plus encore de vous comporter, joue un rôle important : l’attention que vous portez à l’autre, votre engagement, votre dévouement, votre honnêteté, votre intégrité, votre disponibilité ; il est important aussi d’écouter, de consulter, de demander conseil, de dialoguer, de vraiment rencontrer l’autre et d’échanger.
     
  • En tant que leader, votre toute première tâche est d’animer, ensuite il vous faudra être créative, savoir évaluer et encourager ;  mais aussi vous devez vous assurer que vos consœurs prennent plaisir à leur travail.
     
  • Vous n’avez pas besoin de tout faire par vous-même. Il faut déléguer, distribuer les responsabilités et engager d’autres dans le running de la vie communautaire : une équipe de collaboratrices est de première importance.
     
  • Vous avez besoin d’une ‘caisse de résonance’ pour vous-même, quelqu’un en qui vous avez confiance.
     
  • Comme supérieure j’ai appris plus que jamais auparavant, à vivre en dépendance fidèle envers Celui qui, par le choix de ma communauté, m’a mise responsable ; d’attendre tout de Lui seul, de Lui attribuer tout succès et de reconnaître toute faute comme venant de moi.
     
  • Que la communauté vive en paix demande de la part de la responsable une attention constante pour ce qui contribue à ou détruit l’unité. Il vous faudra stimuler tout ce qui favorise la solidarité.
     
  • Les instructions, les échanges, les moments de consultation et de délibération, jouent un grand rôle, mais aussi faire des choses ensemble, faire la fête !
     
  • Comme supérieure il vous faudra ajuster votre stratégie selon les personnes concrètes et les circonstances.
     
  • Les choix et décisions importants doivent toujours être pris en commun.
     
  • La formation continue reste de première importance, aussi bien pour la supérieure que pour tous les membres de la communauté. Elle doit être un souci prioritaire pour la supérieure.
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Rencontre avec les Supérieurs monastiques polonais

Mère Jolanta Rzoska et son équipe avaient investi beaucoup d’énergie et de travail pour nous présenter la situation monastique en Pologne.

Voilà une région où il existe un network qui fonctionne bien, reliant toutes les communautés diverses qui suivent la règle de S.Benoît.

Les communautés de Camaldules étaient représentées, de même que le village dont les habitants étaient devenus oblats bénédictins ; un petit groupe de ceux-ci vit en communauté et se met au service des pauvres. Les trois communautés de la Congrégation de l’Adoration Perpétuelle étaient représentées ainsi que les neuf communautés de moniales de la congrégation de l’Immaculée Conception de Notre-Dame, anciennement appelée la congrégation polonaise. Des représentants des trois communautés d’hommes, Tyniec, Lublin et la toute jeune fondation de Biskupów, ont aussi pris part à la réunion. Plusieurs de ces supérieurs sont restés avec le groupe, prenant part aux excursions et même nous accompagnant dans le Nord de la Pologne pour visiter la communauté de Zarnowiec, près de Danzig.

Un travail énorme avait été fait pour surmonter la barrière linguistique. Nous avons même reçu un petit dictionnaire CIB, fabriqué-maison, contenant e.a. une aide précieuse à la prononciation de mots qui paraissent imprononçables pour des non Polonais. Souvent, lorsque l’Anglais ne suffisait pas, nous pouvions avoir recours, avec plus de succès, à l’Italien, au Français ou à l’Allemand. Et là où toute langue défaillait, la bonne volonté de nous rencontrer de personne à personne était déjà un premier pas important, et le plus souvent, il se trouvait quelqu’un pour faire l’interprète dans les conversations à table ou dans le bus.

En plus des rencontres, on avait inventé trois autres moyens de nous familiariser avec la situation monastique en Pologne. Il y avait, étalée dans un couloir, une exposition remarquable, montrant chacune des maisons, avec des informations succinctes. Il y avait un film DVD, préparé par un oblat enthousiaste de Zarnowiec. Avec sa camera, il avait visité les 18 maisons dont la Pologne est riche, et enregistré des interviews avec les sœurs. Finalement, chacune de nous a reçu une carte du pays avec complète information sur tous les monastères bénédictins, avec même la photo de quelques-unes de ceux-ci. La préparation de ce dernier point a été particulièrement appréciée, d’autant plus qu’il nous facilite la tâche d’information dans nos communautés.

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Un survoi des communautés de Bénédictines en Pologne

Congrégation

nombre de maisons

Charisme

Bénédictines
Missionnaires
d’Otwock

± 30 maisons en Pologne,
Ukraine, Equateur, USA,
Brésil
264 Sœurs

ora et labora
un équilibre entre
prière et travail, y compris
des activités apostoliques,
couture, ministère en paroisse

Sœurs Bénédictines
de Loretto

± 20 maisons en Pologne,
Italie, Suisse, Russie,
Ukraine, Roumanie, USA
201 Sœurs

Transmettre la Parole
de Dieu écrite :
imprimerie ; activités
avec des enfants et personnes âgées

Sœurs Bénédictines
de Samarie

 

assister les pauvres,
cultiver le chant grégorien
et la liturgie

Oblates

un village, 8 Sœurs et
200 oblats

en tant que laïc
vivre le charisme bénédictin

L’Immaculée Conception
de Notre-Dame

9 monastères, la plupart
fondés au 16
e siècle et
expulsés au 19e
153 moniales

prière liturgique et
artisanat, fabrication d’hosties
et autres activités habituelles
dans les monastères bénédi
ctins

L’Adoration Perpétuelle

3 monastères
77 moniales

l’adoration du Saint-Sacrement

Camaldules

2 monastères (un est une
fondation récente)
25 moniales

une combinaison de vie
cénobitique et vie érémitique

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Bénédictines en Europe de l’Est

Depuis 1989, la vie bénédictine en Europe de l’Est a pris de l’assurance. Des individus, et même des communautés, qui se tenaient cachés sous le régime communiste, sont heureux de retrouver une vie monastique normale, telle qu’ils l’ont connue avant la guerre, et de renouer des contacts, ce qui n’était pas possible au temps du rideau de fer. Mère Ursula Schwalbe, abbesse d’Alexanderdorf, près de Berlin (précédemment en Allemagne de l’Est et sous le pouvoir des Soviets) avait été invitée à notre rencontre, de même que les abbesses des deux communautés en Lituanie, Vilnius et Kaunas, et l’abbesse de Źytomierz en Ukraine. Ce petit groupe d’invitées était la concrétisation d’un des buts de la CIB : d’établir des contacts entre les monastères les plus isolés et ainsi contribuer à ce qu’ils puissent s’entraider. Pour ces sœurs, c’était une occasion unique de faire l’expérience de leur appartenance à la grande famille bénédictine et de rencontrer les membres de la CIB du monde entier, et aussi l’Abbé Primat. Elles ont de même pu renforcer leurs liens déjà existants avec des communautés polonaises et en créer de nouveaux.

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Visite à Zarnowiec, 12-15 septembre

Le monastère de Zarnowiec, du 13e siècle et avec une histoire de vie monastique cistercienne et bénédictine, avait été placé comme le point final de notre rencontre. Nous y fûmes chaudement accueillies par une communauté de sœurs aux expériences de vie bien variées. La plus ancienne faisait partie de la communauté expulsée de Vilnius (alors sur territoire polonais, actuellement en Lituanie) après la deuxième guerre mondiale. Elle trouva, en 1946, à Zarnowiec, ce vieux monastère déserté et le remplissait de vie nouvelle. Les plus jeunes sœurs ont vécu, encore adolescentes, la fin de l’ère soviétique et ont profité de leur liberté toute nouvelle pour visiter les pays de l’Europe de l’Ouest et les USA, avant de retourner en Pologne et entrer au monastère. Ensemble nous avons prié dans la nouvelle chapelle, avec une liturgie où il y avait place pour une multitude de langues et où les divers talents musicaux de nos hôtesses ont contribué à rendre la célébration plus festive. L’accueil s’exprimait aussi par la cuisine polonaise, lorsque des tables furent dressées dans le cloître pour cette invasion d’hôtes. L’accueil s’est encore manifesté par la joie et la fierté évidentes en nous faisant voir quelques beaux sites de la nature sur la côte, ainsi que des richesses culturelles et historiques de Danzig tout proche. La liturgie avait été préparée avec grand soin pour permettre à tous de la vivre comme le puits de ressourcement d’où tout le reste tirait son élan. À leur manière tranquille, convaincue, ces sœurs nous révélaient combien les bénédictines polonaises ont à donner à la grande famille de S.Benoît.

UN BIEN GRAND MERCI !

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Notre hôtesse, M. Jolanta Rzoska de Zarnowiec, Présidente de la Congrégation de l’Immaculée Conception. C’est elle qui a convoqué, non seulement des membres de la famille bénédictine des diverses traditions en Pologne, hommes et femmes, moniales et sœurs, mais aussi des représentants d’autres pays de l’Europe de l’Est. Elle nous a ainsi fait voir combien la solidarité peut être une source d’inspiration et d’encouragement pour tous.

 

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Une impression personnelle de la situation
de la vie bénédictine en Pologne

Il est important de connaître l’histoire de la Pologne pour comprendre aussi bien l’histoire monastique que la mentalité du peuple. Il y eut un âge d’or, au moyen âge, où des églises et autres bâtiments de grande beauté voyaient le jour, tous remplis d’œuvres d’art de grande valeur. La Congrégation du Cœur Immaculée de Marie date des 16e et 17e siècles. À cette époque, la Pologne faisait partie de l’empire autrichienne, ce dont témoigne l’architecture somptueuse de certaines églises abbatiales. La plupart des abbayes furent dissoutes par la sécularisation qui balayait l’Europe au 19e siècle. Quelques communautés ont réussi à se maintenir et à s’installer plus à l’Ouest. Après la deuxième guerre mondiale, pratiquement toutes les communautés ont dû fuir ou ont connu une grande pauvreté, après quoi elles ont recommencé, souvent dans d’anciens bâtiments monastiques délaissés par les occupants précédents. Nous étions sans cesse rappelés que le pays a été ravagé par les armées d’un pays après l’autre et partagé entre les vainqueurs, découpé différemment selon les cas, au long des âges jusqu’au temps présent. Nous pouvions voir partout les cicatrices de la guerre. Face à cette histoire, la religion était une aide à préserver l’identité nationale. Notre Dame, dont on vénère l’icône à Chestokowa, fut déclarée ‘la reine de Pologne’. Son influence maternelle réchauffait le cœur d’un peuple marqué par la souffrance et stimulait la solidarité et la persévérance.

Dans le contexte d’une pauvreté grandissante et de structures sociales défaillantes, le début du 20e siècle vit la naissance de congrégations vouées au service des pauvres. Il est intéressant de constater que leurs fondateurs ont adopté la règle de S.Benoît pour s’en inspirer et y puiser de la force dans leur apostolat exigeant. Le network et le sens de la solidarité entre tous ceux qui suivent la règle bénédictine, hommes et femmes, sont une source d’inspiration et d encouragement pour tous. Cette collaboration constitue aussi une mine de ressources en ce temps où l’Église en Pologne se trouve confrontée à de nouveaux défis par les influences de sécularisation venant de l’Ouest.

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Catalogue 2006

Sr. Felicitas Seisenberger de Kommunität Venio, a accepté d’assurer la révision du Catalogus sororum et monialium, éd. I, 2000. D’ici quelque temps vous aurez de ses nouvelles, ou d’une des déléguées, sollicitant des informations sur votre communauté. Nous espérons que le nouveau catalogue sera prêt pour septembre 2006.

Voici son adresse

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